Une conférence de presse a eu lieu le 5 juin dernier concernant la loi de Finances 2026, opérant une réduction massive de la DCRTP. Elle rassemblait les maires de plusieurs communes impactées pour sensibiliser les médias à la gravité de la situation.
Si elle concerne plus ou moins certaines communes, la Ville de Boulazac Isle Manoire se retrouve fortement touchée par cette décision.
Contexte
La taxe professionnelle visait à faire contribuer les entreprises au financement des services publics locaux dont elles bénéficient (voirie, réseaux, équipements publics, développement économique, etc.).
Lorsque l’Etat a supprimé cette taxe en 2010, il s’est engagé à la compenser et a créé la Dotation de Compensation de la Réforme de la Taxe Professionnelle. (DCRTP)
La loi de Finances 2026 opère une baisse majeure de la DCRTP, bien plus importante que prévue, ce qui fragilise le budget de nombreuses communes, dont Boulazac Isle Manoire.
La DCRTP subit une nouvelle réduction de 317,6 millions d’euros en 2026, soit 34% pour le bloc communal = un tiers, après déjà 202 millions d’euros de baisse en 2025. Pour les seules communes bénéficiaires, la diminution atteint plus de 54 %, touchant 1 449 collectivités dans 97 départements.
Les conséquences de cette baisse
Cette décision fragilise le budget de nombreuses communes, dont Boulazac Isle Manoire :
- Pour la ville, elle passe de 386 000€ en 2025 à 140 000€ en 2026. Une différence de 246 000€, soit de 64%, presque les deux tiers !
- A l’échelle nationale des pertes, cela place la ville au 44e rang sur 1149 communes concernées.
Ce classement a été établi en valeur absolue, il ne tient pas compte du nombre d’habitants. Au regard de sa taille de population, cette baisse représente pour Boulazac Isle Manoire une perte de 22€ par habitant. Ce chiffre place la commune au même rang que Virty sur Seine, qui voit sa DRCTP baisser de 2,1 M€ (2e rang des pertes) ou Aulnay-sous-bois 1,95 M€ (au 4e rang).
Pourquoi la DRCTP est importante ? Pourquoi est-ce grave ?
- Un cercle vicieux : une désincitation à l’industrialisation.
Accueillir une entreprise et des emplois sur un territoire demande à la collectivité d’investir en termes d’infrastructure et de services publics. Sans compensation, ces investissements ne sont pas supportables financièrement.
Au-delà d’investir, se pose même la question du maintien de l’attractivité des zones économiques. - Des marges de manœuvre toujours plus restreintes pour les services publics.
A titre d’exemple, compenser une telle perte nécessiterait une augmentation du montant de la taxe foncière de 2,87%, + 1,46 point au taux de la commune. Sur un avis de taxe d’imposition de 500€, cela représenterait près de 15€ supplémentaires pour le propriétaire. Ce chiffre de 250 000€ n’est pas anecdotique dans le budget de fonctionnement de la commune, il équivaut au fonctionnement de services comme la Police municipale, la Maison France Service.
Lien de l’article de BANQUE DES TERRITOIRES : https://www.banquedesterritoires.fr/des-maires-de-communes-industrielles-vent-debout-contre-lamputation-de-leurs-moyens-financiers?pk_campaign=newsletter_quotidienne&pk_kwd=2026-06-08&pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&pk_medium=newsletter_quotidienne