Une petite église à la grande histoire

Tout le monde connaît la petite église de Sainte-Marie-de-Chignac, qui semble bien esseulée, longée, voire rasée par un axe routier important, la RD 6089 qui va de Périgueux à Brive.

S’ils ne sont pas nombreux à s’arrêter pour la visiter, elle mérite pourtant l’attention. Des travaux de rénovation ont permis de découvrir des pans de son passé, et les archéologues recueillent tous les indices qui leur permettront d’écrire plus précisément son histoire. Et celle-ci n’est pas récente.  L’Église Notre-Dame-de-l’Assomption est une construction romane qui date du XII siècle. Elle a été modifiée aux XIV et XVI siècles, inscrite aux monuments historiques en 1926, et enfin entièrement classée en 2003. Voici le rapide CV de ce monument.

Mais quand on va plus dans le détail, on découvre une histoire mouvementée, qui commence dans les années 1100, il y a presque un millénaire. Chapelle située sur un des quatre chemins de Compostelle recensés par le Codex Calixtinus (Codex Calixtinusou Liber Sancti Iacobi se compose de plusieurs textes copiés et rassemblés en un seul volume entre 1140 et 1160), elle a été tour à tour agrandie, puis amputée du fond du bâtiment, avant de se voir adjoindre une petite nef latérale, et d’arborer l’architecture qu’elle dévoile aujourd’hui.

Dans le cadre du réaménagement des abords de l’église de Sainte-Marie-de-Chignac, un diagnostic a été réalisé par le service départemental de l’archéologie en juin 2020 pour le compte de la commune. Les fouilles archéologiques menées en amont des travaux ont permis de révéler plusieurs éléments. D’abord, un certain nombre de sépultures, échelonnées dans le temps puisque la plus ancienne daterait du Moyen-Age, ont été trouvées, les plus récentes semblant être postérieures au 18e siècle. De très nombreux clous retrouvés autour des ossements indiquent, pour ces dernières, que les personnes avaient été inhumées dans des cercueils.

Certaines sépultures ont été retrouvées dans l’église, les autres entre ce bâtiment et la route, d’autres encore devant le site. Des trous sur le mur sud de l’édifice montrent que des maisons étaient adossées à la chapelle, ces trous de boulins étaient en effet destinés à recevoir des poutres. Autre indication des ces fouilles, l’incendie de la chapelle. Certaines pierres mises à jour en creusant à l’intérieur, et autour pour faire passer des drains afin que l’eau n’attaque pas les fondations, ont en effet des couleurs rouges qui indiquent qu’elles ont été soumises au feu. Selon les archéologues, cet incendie remonterait à la guerre de 100 ans, soit au 14e siècle.

La période moderne a aussi laissé ses traces. Certaines des pierres du mur situé le long de la route présentent des motifs étranges, qui sont en fait dus à la pollution, qui les ronge. Elles sont d’ailleurs toutes situées à peu près à la même hauteur, celle des pots d’échappement.

Malgré toutes ces attaques, l’église a traversé les siècles et reste toujours solidement ancrée dans son territoire. Les travaux de drainage sont destinés à lui permettre de continuer son existence. En effet la route, surélevée au fur et à mesure des années et des réaménagements, déverse son eau directement sur les murs de l’église, les fossés séparant la route du bâtiment ayant été comblés au fil des ans. Le drainage permettra de conserver les murs au sec, et de préserver les fondations.

 

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